L'ARVPAT a expliqué mercredi soir 19 avril, aux dirigeants de la STM venus rencontrer les résidents de RDP-PAT, pourquoi le projet de voie réservée sur la rue Notre-Dame va à l'encontre, autant de la sécurité des cyclistes et des piétons que du plan directeur de revitalisation du Vieux-Pointe-aux-Trembles -

IL Y A CENT ANS: LE GRAND INCENDIE DU VIEUX POINTE-AUX-TREMBLES ! (suite et fin)

(2e partie de 2) - Rappel: le 28 juin 2012 marque le centenaire du grand incendie qui détruisit une importante partie du village. Avec la collaboration appréciée de notre historien Pierre Desjardins, voici ce qui est survenu le 28 juin 1912, selon l'extrait de son ouvrage,  LES GRANDS INCENDIES ET LA DESTRUCTION DU PATRIMOINE BÂTI DE LA POINTE-AUX-TREMBLES 1912-1939- Atelier d'histoire de la Pointe-aux-Trembles, février 2004. - Lire la 1ère partie ICI

La destruction du patrimoine

[Source: Ville Montréal-gestion des archives]
"Le feu détruisit cinquante-trois immeubles du village de Pointe-aux-Trembles en ce 28 juin 1912. À quelques exceptions près, les édifices détruits n’étaient pas des trésors architecturaux, mais l’ensemble qu’ils constituaient et leur aménagement dans l’espace représentaient une valeur patrimoniale indéniable. Les petites maisons villageoises, les magasins, l’ancien hôtel de ville, les rues étroites constituaient autant d’éléments d’un bourg semi-rural typique du Québec du XIXè siècle. Certains édifices, comme l’hôtel Laplante, présentaient une valeur architecturale certaine.



Au lendemain de l'incendiede 1912: le couvent, l'église et
le prebytère furent parmi les seuls bâtiments épargnés par le feu-
[Source: Archives, Ville Montéal, collection Gariépy]
Pour mémoire, nous fournissons la liste des édifices détruits et de leurs propriétaires ou occupants, de même que leur localisation d’après une carte publiée par le journal La Presse du 29 juin 1912. À peu ce choses près, tous les édifices situés au sud de la rue Notre-Dame sur les rues Saint-Jean-Baptiste et Sainte-Anne furent rasés, de même que ceux des rues Saint-Joseph, de l’Église (actuelle rue Bellerive) et Bellerive (actuelle 9è avenue). Les sinistrés suivants ont été situés avec précision :


Sur la rue Saint-Jean-Baptiste, côté est : Arthur Duquette (1), Théodule Archambault (2), John Green )3), Veuve A, Lachapelle (4), Veuve M.A. Guqy (5), Napoléon Gervais (6), Albert Bénard (7), Antoine Renaud (8), Hormidas Chartier (9), Joseph Desrochers et magasin général (10), Horace Mc Duff, charretier (11), J.St-Marie, menuisier (12), E.D. Lachapelle (12) Eugène Cahier (13) vieil hôtel de ville (Geroges Gervais) (15).

-Sur la rue Saint-Jean-Baptiste, côté ouest : Avila Lahaise, boucher (16), Ovide Gervais (17), Richmond Decelles (18), Joseph Beauchamp, rentier (19), Alfred Léard, cordonnier (20), les demoiselles Matthieu (21), le docteur Paré (22), Jean-Baptiste Desrochers, charretier (23) Louis Barrette (24).
-Sur la rue Sainte-Anne, côté est : Jos Chartier (25), Cyrille Desrochers (26), Charles Lorion (27), W. Durocher (28) Albert Ayotte (29) Veuve Murray (30) Alfred Larin (31), Jos Rivet (32), Léo Desmarais (34) Louis Beauchamp (35).


-Sur la rue Sainte-Anne, côté ouest : Joachim Dulude, maison, boulangerie et 1300 poches de farine (36), Ed. Morin (37), Han Yin, buanderie (38) P. Polaski (39), François Brouillet (40), J.B. Émond (41), Jos Giroux (42), Jos Barrette (43), Charles Renaud (44).


-Sur la rue de l’Église, côté sud : Hôtel de Mme Laplante et cinq locataires (45), M. Albert Trudel, rentier (46).


-Sur la rue Saint-Joseph : M. Gagnon (47), Veuve Hippolyte Desrochers (48), Antoine Desrochers (49).


-Sur l’avenue Bellerive : Jos Payette (50), M. Giroux (51), Louis Bénard (52).


[Source: Archives, Ville Montéal, collection Gariépy]

Les noms des sinistrés suivants furent publiés dans les quotidiens de l’époque sans les situer sur le plan du village. Il est à signaler également que les journaux indiquaient parfois le nom du propriétaire, parfois celui du locataire ou de l’occupant. : J.F. Côté, G. Gaboury, J.E. Bergeron, N. Ricard, Edmond Delorme, salle de pool. A. Dagenais, Hormidas Monette, Veuve Cazin, Ed. Moineau, P. Lamoureux, O. Gamelin. F. Lapointe, locataire, Wo Sang, M. Goudreau, Wilfrid Beaudry, Arthur Senez.


Les résidences suivantes furent présentées comme endommagées mais non détruites complètement : Hormidas Monette, Adolphe Desrochers, O. Gervais, M. Trudel, Ephrem Robert, Baptiste Lahaise, F. Galipeau, Roméo Guay, Edgar Guay, charretier.

La reconstruction

Lors des réunions du conseil de ville tenues en juillet 1912, les autorités de la Pointe-aux-Trembles s’empressèrent de remercier les organismes qui ont joué un rôle dans la lutte au sinistre. Ainsi , il fut résolu « que le compte de 190$ de la Compagnie Sincennes Mc Naughton pour les services qU’elle nous a rendus soit payé » et « que des votes de remerciement soient adressés aux pompiers de la cité de Montréal, à la Commission du Havre, à la compagnie Sincennes Mc Naughton et à la ville de Montréal-Est.

Le conseil avait de plus, dès le 9 juillet 1912 adopté une résolution lourde de conséquence puisqu’on avait résolu « que le plan de reconstruction de la partie incendiée de la ville soumis à la précession par les ingénieurs Hurtubise et Hurtubise soit pris en considération ». Le 16 juillet était résolu « que monsieur Sam Beaudry sosit nommé l’arbitre de notre corporation pour l’expropriation de la partie incendiée de notre territoire ».

La partie expropriée consistant en l’ensemble des terrains situés sur le côté est de la rue Saint-Jean-Baptiste, de la rue Notre-Dame au fleuve. Suite à l’expropriation, la rue Saint-Jean-Baptiste fut élargie et transformée en esplanade avec terre plein gazonné, planté d’arbres et agrémenté de bancs de parc, de sentiers, fontaines et luminaires. La Pointe-aux-Trembles avait dorénavant, inspirés du mouvement City beautiful, ses petits Champs Élysées débouchant sur le seul parc de la ville, près du fleuve et voisinant les plus beaux édifices épargnés par l’incendie, à savoir l’église, le presbytère, le couvent des Dames de la Congrégation et l’Académie Roussin. Cet aménagement, d’une rare élégance, sera détruit à la fin des années 50 pour faire place au stationnement revendiqué par les commerçants de la rue Notre-Dame. La reconstruction des autres zones incendiées fut laissée à l’initiative des propriétaires et ne sera complétée que quarante ans plus tard".

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