LA COMPLAINTE DU PHOQUE À POINTEAUX !

AVENIR DE L'EST- 10/12/14
par SAMANTHA VELANDIA
"Le 6 décembre, un phoque capuchon juvénile a été aperçu sur les berges du fleuve Saint-Laurent, dans le quartier de Pointe-aux-Trembles.
Le phoque a été photographié par un riverain.
«J’étais chez nous lorsque je me suis aperçu qu’il y avait un phoque qui se reposait sur les glaces qui commencent à se former sur le fleuve», explique Daniel Raymond, citoyen du quartier et bénévole pour le Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins (GREMM).

Un aventurier
Selon M. Raymond, il est rare d’apercevoir des phoques aussi près des résidences.
«À Montréal, il y a des phoques à l’occasion. Nous en avons déjà vus, mais surtout l’été, dit-il. Celui que j’ai vu samedi dernier était un jeune phoque qui était parti à l’aventure, il était seul. On peut le comparer à un adolescent fugueur.»
M. Raymond, qui est bénévole pour le GREMM depuis trois ans, indique que d’autres phoques ont été aperçus à d’autres endroits de Montréal dans les dernières années.
«Voilà deux ans, nous avions aperçu un phoque au Vieux-Port de Montréal, raconte-t-il. On m’a aussi raconté qu’il y a près d’un mois, il y en avait aussi un qui se reposait près du pont Le Gardeur entre Montréal et Repentigny.»
Il indique que si le phoque est à nouveau aperçu près des résidences ou à des endroits accessibles aux citoyens, une affiche sera installée afin de sensibiliser les résidents aux dangers associés à être en contact avec ces animaux sauvages.
«Il faut faire attention. Ce n’est pas le genre d’animal qu’on peut approcher facilement. Pour l’instant il n’a pas été revu, mais si cela arrive encore une fois, nous allons intervenir pour le protéger et protéger les citoyens», avise M. Raymond."
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Quoi faire si l’on aperçoit un phoque
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Tout d’abord, il faut savoir qu’il est illégal d’importuner un phoque.
-Il est important de rester à plus de 50 mètres (150 pieds) de l’animal.
-Ne pas faire de bruit ou des mouvements brusques.
-Garder les chiens en laisse
-Éviter de toucher, nourrir, arroser ou déplacer le phoque.
Les phoques se déplacent plus vite qu’on pense, ils peuvent mordre et transmettre des maladies. Si un citoyen aperçoit un mammifère marin près des endroits résidentiels, il est recommandé de le signaler au 1 877 722-5346.

AUTRES PHOTOGRAPHIES PRISES PAR DANIEL RAYMOND

NOTRE PHOQUE EN PLEINE PÉRIODE DE DÉTENTE...
UN REGARD VERS LE FLEUVE, AVANT DE REPRENDRE SA ROUTE...
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L'île de la Batture de PAT est dangereusement étranglée par du lierre envahissant

Maurice H.Vanier et Paul Dalcourt,
captés par Daniel Raymond, notre  apprécié transporteur et
photographe 
(N.D.L.R.-5 octobre 2014- L''ARVPAT  a transmis le 30 septembre au Centre d'expertise en analyse environnementale du gouvernement du Québec, propriétaire de l'île, une copie de cette page, lui demandant ce qu'il entend recommander)
En conformité avec le plan d'action 2014-2015 adopté par l'assemblée générale de l' ARVPAT convoquée le 2 juin 2014 et préconisant un examen urgent de l'état des arbres sur l'île de la Batture de Pointe-aux-Trembles, un premier relevé visuel   de l'état de situation  a été effectué le vendredi 11 juillet par le président Paul  Dalcourt, le vice-président (Environnement terrestre et maritime) Daniel Raymond et le secrétaire-trésorier Maurice H. Vanier.

Nage matinale de l'un des castors
Leur hutte, en eau haute
À peine débarqués tout près de la grosse hutte des castors (pendant que l'un d'entre eux pratique ses longueurs à proximité),  nous nous accrochons les pieds et les jambes dans d'épaisses lianes de vigne rampantes et montantes à l'infini, de telle sorte que pour
Un endroit sur l'île
où ils ont
travaillé...
le temps dont nous pouvions disposer, nous n'avons parcouru  que la moitié du pourtour et de l'intérieur de l'îlot. Assez cependant pour constater l'état endémique d'envahissement de ce type de lierre sauvage   et son effet d'étranglement,  tant  atteint chez certains grands arbres qu'en évolution chez tous les autres. 


Nous avons pris plusieurs  photos et rapporté des spécimens afin de constituer un dossier à transmettre au propriétaire, le gouvernement du Québec, à l'arrondissement RDP-PAT,  au Comité ZIP Jacques-Cartier et à des  spécialistes qu'on voudra bien nous référer.   Ci-dessous, quelque-unes parmi nos photos captées durant notre excursion.  
L'envahisseur régnant  partout au sol  


L'envahisseur en opération
d'encerclement - Phase 1
Phase 3:  puis, le tronc et les branches...
Phase 2: ça monte... 

Phase 4: et à la fin, un chicot en devenir.
Ceci n'est pas une mosaïculture



État de propagation du lierre envahissant et de destruction appréhendée de tous les arbres de l'île
de la Batture de Pointe-aux-Trembles, 

ce qui reste de "la pointe où avancent des trembles" et qui  a impressionné Jacques Cartier 
lors de son deuxième voyage au Canada de 1535

Les Pointeliers-Montréalais au bord de l'eau: le quotidien LA PRESSE publie sur nous !

Note du webmestre - LA PRESSE a publié le samedi 26 juillet un reportage de Madame  Carole Thibaudeau, journaliste attitrée à la section MAISON du quotidien, décrivant les petits  bonheurs de quatre ménages de l'île de Montréal,  riverains à l'ouest, au centre et à l'est, soit de la Rivière-des-Prairies, soit du fleuve St-Laurent.
Photo Robert Skinner. LA PRESSE
"Reine Lemerise à sa terrasse à
Pointe-aux-Trembles"
Informée par Madame Denise Guertin de l'arrondissement RDP-PAT de l'existence de l'ARVPAT, celle-ci nous a sollicité la collaboration de nos membres pour lui envoyer témoignages et photos. Une dizaine des nôtres ont effectivement communiqué avec elle par courriel et téléphone. Son choix de maison riveraine du St-Laurent à PAT s'est porté sur le condo  habité par  nos voisins   Reine et son frère  Jean Lemerise et a elle a complété la séquence numérique LA PRESSE+ à même quelques-unes parmi les nombreuses photographies qu'elle avait reçues. MERCI à LA PRESSE, à Madame Thibodeau ainsi qu'à Reine et Jean et à tous celles et ceux qui ont collaboré à cet excellent reportage.

UNE BEAUTÉ MÉCONNUE

Reine Lemerise a eu un coup de cœur, il y a sept ans, pour ce bungalow des années 60, au fond d’une avenue tranquille, à Pointe-aux-Trembles.
Jamais rénovée mais généreusement baignée de lumière, la maison offrait une vue époustouflante sur les îles de Boucherville, sur la Voie maritime, sur la majesté du fleuve.
Un an plus tard, son frère Jean lui a fait une offre qu’elle ne pouvait pas refuser : transformer le bâtiment en copropriété divise et partager non seulement la vue, grandiose, mais aussi les frais d’architecte, de réfection du mur de soutènement et autres rénos appréciables. 
Les deux nouveaux Pointeliers – nom donné aux habitants de Pointe-aux-Trembles – se sont attelés à la tâche. 
Au bas du mur de 6 mètres qui retient le terrain, une soixantaine de bernaches du Canada jacassent aimablement sur un bout de plage, la propriété étant légèrement en retrait, dans une petite baie paisible. D’autres oiseaux traversent régulièrement le paysage : gélinotte huppée, échassier en chasse, sterne piquant du bec comme une torpille aérienne. Loulou, la chatte de la maison, les observe attentivement… sans jamais les attraper.
UNE RICHE HISTOIRE 
Plusieurs riverains de la pointe aux Trembles, ainsi nommée par Jacques Cartier lors de son deuxième voyage au Canada, en 1535, ont témoigné à La Presse de leur profond sentiment d’appartenance, certains y résidant depuis quatre générations. On trouve à « PAT » la deuxième paroisse à s’être établie dans l’île de Montréal, en 1674, et la première école publique mixte, ouverte en 1678 par Marguerite Bourgeoys. 
« Les gens méconnaissent l’est de l’île, déplore Reine Lemerise ; ils ignorent ses nombreux parcs sur le fleuve, ses descentes de bateau, son histoire. » — Reine Lemerise
Les soirs de feux d’artifice, un défilé de petits bateaux remontent le courant, pour le redescendre après le spectacle pyrotechnique, longue procession de lumignons rouges retournant à leur marina. Le week-end, c’est la ronde des pique-niqueurs, des pêcheurs et des navigateurs de plaisance. Chaque automne ramène les féeriques bateaux de croisière des Crystal Cruises et Holland America de ce monde. 
VRAQUIERS 
Quotidiennement, des vraquiers mouillent en face de chez les riverains, dans l’attente d’une réparation ou de leur entrée dans la Voie maritime. Ils sont en général discrets sur le plan sonore. « Lorsqu’ils avancent sur la Voie, la nuit, toutes lumières éteintes à l’exception d’un pâle fanal à l’avant et à l’arrière, on sent leur vrombissement », rapporte Mme Lemerise. 
Il arrive occasionnellement qu’un de ces grands bateaux actionne de vieilles pompes et produise ainsi un bruit qui dépasse les 50 décibels chez les riverains. « Ça brise le charme champêtre », commente sobrement Maurice Vanier, secrétaire-trésorier de l’Association des riverains du Vieux Pointe-aux-Trembles, qui compte 39 membres. 
PRÉOCCUPATIONS PÉTROLIÈRES 
La seule véritable ombre au tableau demeure l’industrie pétrolière. « Nous aurions aimé dire non au projet Enbridge, confie Mme Lemerise. Ça va augmenter la circulation de pétroliers sur le fleuve. » 
Le quai de Suncor, à quelques avenues de son terrain et visible de chez elle, a connu un déversement il y a quatre ans. « Il a été immédiatement pompé et éliminé », relate-t-elle. Suncor reçoit par train, et recevra bientôt par l’oléoduc d’Enbridge (en 2015), du pétrole de schiste, qu’elle achemine à sa raffinerie, au nord de la rue Sherbrooke. Elle reçoit aussi du pétrole brut conventionnel, par le pipeline Portland-Montréal. De plus, Suncor exporte, par bateau, des produits raffinés. Sur le quai voisin, à Montréal-Est, Valero Energy reçoit par pipeline, de Lévis, des produits raffinés qu’elle redistribue aux détaillants d’essence. Lorsqu’elle recevra le pétrole de l’Ouest par l’oléoduc d’Enbridge, Valero l’acheminera par bateau à sa raffinerie de Lévis. 
« Une raffinerie comme Suncor souscrit à des protocoles de sécurité stricts [normes ISO], explique Maurice Vanier. Si les pipeliniers comme Enbridge ou Oléoduc Énergie Est [de TransCanada] en faisaient autant, en adoptant une gestion responsable telle que décrite par l’Association canadienne de la chimie, une bonne partie de nos inquiétudes disparaîtrait ! » 
« Nous voulons protéger notre caractère champêtre, reprend M. Vanier. Notre défi consiste à pousser l’industrie du pétrole (40 % de notre force économique locale) à utiliser des technologies propres, à adopter ce qu’on appelle “l’écologie industrielle”. »
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ENCORE UNE PLAINTE FORMULÉE CONTRE LA MARINA P.A.T.

Note du blogmestre (18 août 2014): En toute transparence,j'informe qu'à ce jour, les deux niveaux de gouvernement auxquels l'ARVPAT avait adressé la plainte ci-dessous décrite, ont chacun répondu très récemment qu'ils  maintenaient  leurs positions quant aux autorisations précédemment accordées à la marina. 
......................................................................
L'ARVPAT a déposé le 16 juillet une plainte auprès des autorités gouvernementales provinciales et fédérales contre la récidive commise le 4 juillet  par la Marina P.A.T. d'installer  son estacade de 170 pi de longueur ***** Cf. plus bas des photos plus précises  en plein milieu du chenal de navigation de plaisance situé entre la rive et l'île de la batture de Pointe-aux-Trembles. Voici le contenu de cette plainte:
Ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques  (MDDELCC)
Direction de la gestion du domaine hydrique de l'État
Objet : PLAINTE 2014 - / ARVPAT c. Marina Pointe-aux-Trembles (...)
(...)

Le mardi 4 juillet 2014, tel qu’illustré par les deux  photos ci-dessous, le propriétaire de la marina Pointe-aux-Trembles a    récidivé  à l’installation d’une estacade de quelques 170 pieds de long, accrochée   à des bouées ancrées dans le lit du fleuve St-Laurent, à mi-distance du prolongement de l’île de la Batture de Pointe-aux-Trembles, qui est la propriété du gouvernement du Québec, et du prolongement de la propriété de l’un de nos membres situé au 12 610-12 630 rue Notre-Dame.

Photo: ARVPAT- DR
                                                Photo: ARVPAT- DR                                                        
Nonobstant  votre argumentaire en date du 25 juillet 2012 qui répondait au nôtre du 16 du même mois,  explicitant notre plainte   transmise précédemment à votre direction au sujet de l’installation « annuelle » de cet ouvrage, nous la renouvelons une autre fois.
  
Nous la maintenons d’autant plus que le propriétaire y  prélève quotidiennement des débris végétaux qui s’y sont agglutinés et compactés pour les relancer plus loin sous forme de paquets flottants (photo ci-dessous)  susceptibles de nuire à la conduite des embarcations des plaisanciers.  

Photo: ARVPAT- DR
Vous constaterez que notre association de propriétaires riverains du St-Laurent et voisins de la marina  ne lâche aucunement  prise quant  à ce que nous considérons toujours comme  l’expansion abusive et illégitime    de ce commerce, qui s’approprie  ce plan d’eau,  de plus en plus  affecté  par les conditions climatiques particulières (photos ci-dessous) qui en restreignent l’espace disponible, ce aux dépens des riverains et des plaisanciers.

Source: Environnement Canada
                                                  HAUT NIVEAU D’ EAU                                        


Source: Environnement Canada
                                                                  BAS NIVEAU D’ EAU

Veuillez accepter, ( ), l’expression de mes salutations distinguées.

Maurice H.Vanier
Secrétaire-trésorier

Cc. aux élues Nicole Léger, Ève Péclet, Chantal Rouleau, Suzanne Décarie et Gilles Déziel,
aux comités d’actions sur l’accessibilité des rives et la qualité de l’eau constitués par le comité ZIP Jacques-Cartier ainsi qu’aux administrateurs de l’ARVPAT et aux propriétaires riverains-voisins immédiats de la marina.

**** Voici des photos annuelles  illustrant cet ouvrage nuisant aux riverains voisins de la marina  et plaisanciers d'ailleurs de la Route bleue,    installé à chaque saison malgré nos dénonciations :



P.A.T. en 1988, selon l'anthropologue-écrivain-pointelier SERGE BOUCHARD

LE MOINEAU DOMESTIQUE, par  Serge Bouchard
Guérin-Littérature (1991)


Note du blogmestre - En 1999,lors de la cérémonie d'ouverture des Fêtes du 325e de la Pointe-aux-Trembles, invité à prendre la parole, l' anthropologue-écrivain Serge Bouchard, fit lecture de ce texte, écrit onze  années auparavant."Le moineau domestique", publié en 1991 était le premier ouvrage littéraire de ce Montréalais d'origine, élevé à Pointe-aux-Trembles, "arrivé en principe au mi-temps de sa vie, [qui]nous livre ici sa façon tordue de voir le monde. Son royaume est l'ordinaire et son sport, l'ironie. (...)Drôle de moineau en vérité ce simple domestique ! Car pour sortir de l'ordinaire, nous oublions trop souvent qu'il faut d'abord et simplement commencer par l'être" (L'éditeur Guérin, page couverture)

Serge Bouchard est venu revisiter le quartier en 2013 en compagnie de membres de l'Atelier d'histoire de la Pointe-aux-Trembles. Il a pu mesurer tout le progrès accompli depuis ses propos "résignés" de 1988 que j'ai transposés ci-dessous mais avec des images "revampées" et plus stimulantes de notre fiertée retrouvée! 

Je suis de Pointe-aux-Trembles, qui est un quartier de Montréal situé à l’est de tout ce qui existe.  Voilà bien un endroit où personne ne s’arrête ni ne s’attarde.  Dans toutes les villes du monde, les automobilistes ralentissent ; chez nous, ils accélèrent.  Si bien que rares sont ceux qui savent que des êtres humains vivent ici car ce lieu est sans l’ombre d’un doute la version moderne de la terre que Dieu donna à Caïn.


Le nom de Pointe-aux-Trembles voulait certainement dire quelque chose autrefois mais son sens ancien s’est comme perdu avec le temps. 
   C'est Jacques Cartier qui  désigna "la pointe qui s'avance dans le fleuve avec des trembles" lors de son deuxième  voyage en 1535. Dès 1670, on y bâtissait un  fort de 540 x 600 pieds - SOURCES: Wikimedia, Fort de la Pointe-aux-Trembles et  Numicanada, Serge Huard
Aujourd’hui, cela pourrait signifier : l’endroit où il est possible de franchir le fleuve en marchant sur les eaux.  Le phénomène s’explique en réalité.  Les eaux d’été sont à ce point paresseuses qu’elles nous font croire que le fleuve engourdi ne se presse plus vers la mer.  Il est lourd, chaud, rempli d’huile et de biens d’autres choses encore.  Gros et lent, il s’attarde chez nous, se complaît dans ses riches odeurs, devient brun en juin, vert en juillet et il nous semble en août que nous pourrions marcher dessus.  Mais la nature fait bien les choses puisque les gens qui habitent en ces lieux, les gens qui marchent sur l’eau ne savent plus nager depuis belle lurette. 
HIER - On se baignait dans le St-Laurent jusqu'en 1970 (comme à la plage Bissonnette, sur l'île Ste-Thérèse) -SOURCE: Atelier d’histoire de Pointe-aux-Trembles
AUJOURD'HUI - Un mouvement s'intensifie depuis quelques années, pour se réapproprier l'accès aux berges et favoriser la baignade dans l'extrême-est de Pointe-aux-Trembles (ancienne marina Beaudoin)- Ci-haut, la maquette  « Débâcle » par Ruccolo + Faubert Architectes Inc. & Ni Conception primée lors  du concours de design lancé par l'arrondissement RDP-PAT- SOURCE:  AVENIR DE L'EST -photo courtoisie
C’est un grand paradoxe que ce fleuve majestueux : solide en été, il ne gèle plus en hiver. 
Les fleuves usés sont ainsi faits.  Toujours un peu plus riches, toujours un peu plus chauds, ils d’épaississent par beau temps et se liquéfient par temps froid.  Et ces poissons, qui devraient mourir lorsqu’on déverse la moindre tasse de liquide suspect dans l’eau pure et cristalline du début des âges, ne se sont jamais si bien portés.  Il faut les voir ces brochets d’une tonne sauter par-dessus les îles de l’archipel, essayant d’attraper des canards aux couleurs surprenantes parce que nouvelles et dont le vol n’est aucunement entravé  par le plomb qu’ils ont dans la chair plutôt que dans l’aile, comme il se doit.  C’est la nouvelle nature sauvage, l’adaptation ultime qui défie le simplisme des bonnes âmes.  Certains individus maringouins commencent à survivre aux collisions frontales automobiles-moustiques, si fréquentes les soirs d’été sur les routes secondaires.  Il y a tant d’études à faire. 


HIER: fête champêtre chez M. Hudon, de la Pointe-aux-Trembles 
Nous sommes plus de cinquante mille Pointeliers à tenir la place dans l’indifférence universelle.  Et nous sommes à tous les jours de plus en plus nombreux.  Aux anciens s’ajoutent les réfugiés du centre-ville, les victimes de l’urbanisme, les déroutés de la rénovation.  Il y a aussi les minorités visibles qui trouvent, dans notre grisaille, un havre de paix où la visibilité n’est jamais bonne.   Nous formons ensemble la fraternité des revenus très moyens, la population des espaces délaissés, les gardiens silencieux du terrain perdu.
AUJOURD'HUI: rassemblement festif dans une rue du quartier P.A.T.










Pourtant, voici la maquette 2013 annonçant le projet domiciliaire "La Pointe Est" 
C’est l’est, le véritable est de Montréal, celui qui ne risque pas demain de devenir à la mode car la mode est superficielle et elle ne s’enracine nullement dans les profondeurs du progrès.  Ce qui nous arrive à nous, les vrais gens de l’est, est tout à fait primordial ; nous voyons le monde tel qu’il est, tel qu’il évolue, tel qu’il devient. Nous voyons le feu des usines, nous humons les odeurs de la transformation de la matière et, de fumées en poussières, nous sommes à même de parler aux dieux du développement, ce qui n’est pas rien en notre monde profane.
Pointe-aux-Trembles et Montréal-Est en émoi, lors de l'annonce de la fermeture de la raffinerie Shell...
Que de réminiscences, que d’impressions se cachent sous ces mots : Shell, Texaco, Pétro-Canada, Fina, Spur, Esso, Union Carbide, Noranda-Copper, Gulf.  Ouvertures, fermetures, l’histoire moderne se fait sous nos yeux, sur notre dos et sur nos braves épaules. 
....qui illustrait  le déclin de la pétrochimie dans l'est de Montréal-SOURCE: une des conférences de Pierre Desjardins de l'Atelier d'histoire de la Pointe-aux-Trembles

Au risque de sa vie, il faut contempler cette grande forge, s’ouvrir à la beauté des fumées, des flammes et des vapeurs, à cette architecture de tuyaux  et de cheminées, à ce paysage de trous et de vieilles voies ferrées, à tous ces travaux humains qui font que nous ne dépendons plus du soleil pour y voir clair ni des nuages pour n’y rien voir.  Ce n’est pas une banlieue, est-ce vraiment une ville ? Il est difficile de classer cet amas autrement qu’en le repoussant dans ces zones grises que sont les résidus de toute classification.  Nous avons des cousins à Rouyn, à Arvida ou ailleurs, à Pittsburg ou à Lille.  C’est l’internationale des choses sérieuses.  
Dans ces conditions, il serait absurde de songer à redresser la situation en donnant carte blanche et fortune aux aménagistes-architectes-esthéticiens-penseurs dans l’espoir qu’ils se mettent à la tâche de redonner à notre milieu une allure acceptable.
Pourtant, en 2013, Serge Bouchard, émerveillé, a visité le moulin rénové de la Pointe-aux-Trembles, un remarquable effort collectif pour redonner au quartier une allure plus qu'acceptable... 

Inutile de maquiller ces terrains perdus et, de grâce, ne venez plus afficher ces panneaux nous rappelant que la pollution, c’est notre affaire.  Ne nous sensibilisez plus, ne nous conscientisez plus. Des intellectuels au-dessus de tout soupçon se sont prononcés et il s’avère que nous ne sommes pas un quartier
La consolidation annoncée de la pétrochimie dans l'Est, avec les pipelines Enbridge et TransCanada réactive  la mobilisation  des groupes écologistes, telle qu'annoncée par cette affiche 2013 de Greenpeace   
propice à la culture et aux arts.  Des éditorialistes sérieux ont écrit qu’il serait complètement farfelu de songer à y prolonger le métro.  Dans notre cas, plus rien à faire. 
 


La vision d'un orchestre symphonique s'exécutant le soir dans  l'immense stationnement de la raffinerie Suncor, lors d'une Nuit blanche.    Pourquoi pas ????
Contre l’opinion de tous ceux qui comptent. Je poserais la candidature de l’ensemble de mes concitoyens à la médaille du Grand Mérite attribuée aux gens qui payent le prix du Grand Progrès.  Je suggère qu’un métro doré nous soit construit et je suggère encore qu’il soit gratuit pour nous et pour les dix prochaines générations.  J’imagine des événements grandioses, une Maison de l’Opéra sur le Boulevard Chimique où l’Orchestre symphonique jouerait des airs de Faust à lueurs des torches de pétrole, en hiver. 


Comment écrire un livre sans le savoir, sans même apercevoir les pages écrites qui s’empilent sans voir un manuscrit qui prend forme sur un coin de bureau. Je dois avoir la recette de cette ignorance des choses car Le moineau domestique est un résultat sans intention, l’opération d’un sain d’esprit.  Puisque je n’allais nulle part, je ne risquais pas d’arriver et ce livre est une histoire sans fin.  Il y a là une soixantaine de petits textes dont chacun correspond à une réaction de la conscience mise en face de sa propre paresse.  Cette revue de l’ordinaire est un exercice continu que je m’impose dans la mesure où je ne comprends rien du monde qui m’entoure.

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LE VIEUX-POINTE-AUX-TREMBLES, L' UNE DES 8 DESTINATIONS PATRIMONIALES DU PARCOURS RIVERAIN DE LA VILLE DE MONTRÉAL

 Note: Extrait du site web de la Ville de Montréal "LE PARCOURS RIVERAIN, une route historique riveraine de 180 km "

Destination patrimoniale : Vieux-Pointe-aux-Trembles


La destination patrimoniale du Vieux-Pointe-aux-Trembles est située près de l’intersection de la rue Notre-Dame Est et du boulevard Saint-Jean-Baptiste. En plus de l'ancien noyau villageois, elle inclut le secteur du vieux moulin de la 3e Avenue.
 La paroisse de l’Enfant-Jésus de la Pointe-aux-Trembles est l’une des plus anciennes de l’île. Même si les
premières rues du village ont été passablement élargies depuis leur ouverture, leur tracé est l’un des plus vieux vestiges historiques de Pointe-aux-Trembles, avec le second moulin à vent construit par les sulpiciens vers 1720. Le village, qui fait initialement face au fleuve, est réorienté par suite du déplacement du chemin principal plus au nord. Les principaux bâtiments font désormais face à la rue Notre-Dame, tournant ainsi le dos au cours d’eau. Au cœur du village, l’emplacement du fort, dont des portions de la palissade ont récemment été mises au jour devant l’église, est rappelé par le toponyme du parc du Fort-de-Pointe-aux-Trembles, qui constitue une fenêtre sur le fleuve.
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·                                 VOIR LES ATTRAITS SUR LA CARTE

Une petite communauté tournée vers le fleuve

La population augmente de telle sorte que la chapelle, rapidement devenue trop exiguë, est remplacée en 1705 par une église en pierre faisant face au fleuve. Près de quarante ans après la construction du moulin, la crue des eaux gruge le terrain sur lequel il s’élève et le rend inutilisable. Vers 1720, il est abandonné au profit
Le 2e moulin de P.A.T.
vers 1920. SOURCE: Edgar
Gariépy, BAnQ
d’un second moulin, construit un peu plus au nord près d’un petit ruisseau.
Dès 1664, les sulpiciens concèdent plusieurs emplacements à l’est de Ville-Marie afin d’amorcer un mouvement de colonisation et d’assurer la protection de l’île de Montréal. Le fort de Pointe-aux-Trembles, érigé vers 1674 afin de contrer la menace iroquoise, forme une petite enclave qui deviendra l’une des premières paroisses de l’île à l’extérieur de Montréal. Pour desservir la population, on bâtit un moulin à vent à proximité du fort de même qu’une petite chapelle à l’intérieur de ses murs. Les sœurs de la Congrégation de Notre-Dame ouvrent un premier couvent dans une maison de bois. La croix de fer qui le surmontait est aujourd’hui intégrée au monument à la mémoire de Marguerite Bourgeoys sur le terrain de l’ancien couvent, sur la rue Notre-Dame.

Un village rebâti
Au début du XVIIIe siècle, la menace iroquoise diminue et un village prend forme autour de l'église paroissiale.
Ainsi, en 1731, le fort de Pointe-aux-Trembles abrite déjà un petit noyau villageois comprenant une vingtaine d’habitations, une église, un presbytère, un cimetière et un couvent. Le village est traversé par les rues de
Le noyau paroissial de P.A.T.: église, presbytère, 
couvent. SOURCE: collection de cartes postales
BAnQ
l’Enfant-Jésus (devenue rue Saint-Joseph), Saint-François (future rue de l’Église, devenue la rue Bellerive), Sainte-Anne et Saint-Jean (plus tard Saint-Jean-Baptiste). À cette époque, Pointe-aux-Trembles est la plus importante agglomération de l’île après Montréal. Le village déborde des limites du fort et s’étend jusqu’à l’actuelle 9e Avenue, entre le fleuve et la rue Notre-Dame.
  La ville de P.A.T. après l'incendie de 1912 - SOURCE: 
Archives de la Ville de Montréal

En 1912, un violent incendie détruit la majeure partie du village de Pointe-aux-Trembles. Le couvent, l’église et le presbytère sont épargnés. En 1737, la première grande route terrestre est ouverte entre Montréal et Québec : le chemin du Roy, qui passe entre le fleuve Saint-Laurent et le fort, fait de Pointe-aux-Trembles un relais clé jusqu’à l’apparition de l’automobile au début du XXe siècle. En 1841, les crues printanières et l’effritement des berges forcent le déplacement du chemin plus au nord, à l’emplacement de l’actuelle rue Notre-Dame. Ce changement modifie l’orientation du village, dont le centre, auparavant tourné vers le fleuve, donne désormais sur la rue Notre-Dame. Au cours du XIXe siècle, les congrégations religieuses fondent de grands établissements d’enseignement près de l’église paroissiale. Ces propriétés confèrent une importante valeur patrimoniale au secteur.

Toutefois, le couvent est incendié dix ans plus tard et, en 1937, un autre incendie détruit l’église, alors la plus vieille hors de Montréal. Elle est reconstruite non plus face au fleuve, mais face à la rue Notre-Dame. Seule la maison François-Bau (11949, rue Saint-Joseph) ainsi que le presbytère auraient survécu aux deux sinistres. La plupart des bâtiments anciens qui composent le noyau villageois se trouvent sur la rue Notre-Dame, au pied du boulevard Saint-Jean-Baptiste.
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Pour en savoir plus