L'ARVPAT a expliqué mercredi soir 19 avril, aux dirigeants de la STM venus rencontrer les résidents de RDP-PAT, pourquoi le projet de voie réservée sur la rue Notre-Dame va à l'encontre, autant de la sécurité des cyclistes et des piétons que du plan directeur de revitalisation du Vieux-Pointe-aux-Trembles -

Les Pointeliers-Montréalais au bord de l'eau: le quotidien LA PRESSE publie sur nous !

Note du webmestre - LA PRESSE a publié le samedi 26 juillet un reportage de Madame  Carole Thibaudeau, journaliste attitrée à la section MAISON du quotidien, décrivant les petits  bonheurs de quatre ménages de l'île de Montréal,  riverains à l'ouest, au centre et à l'est, soit de la Rivière-des-Prairies, soit du fleuve St-Laurent.
Photo Robert Skinner. LA PRESSE
"Reine Lemerise à sa terrasse à
Pointe-aux-Trembles"
Informée par Madame Denise Guertin de l'arrondissement RDP-PAT de l'existence de l'ARVPAT, celle-ci nous a sollicité la collaboration de nos membres pour lui envoyer témoignages et photos. Une dizaine des nôtres ont effectivement communiqué avec elle par courriel et téléphone. Son choix de maison riveraine du St-Laurent à PAT s'est porté sur le condo  habité par  nos voisins   Reine et son frère  Jean Lemerise et a elle a complété la séquence numérique LA PRESSE+ à même quelques-unes parmi les nombreuses photographies qu'elle avait reçues. MERCI à LA PRESSE, à Madame Thibodeau ainsi qu'à Reine et Jean et à tous celles et ceux qui ont collaboré à cet excellent reportage.

UNE BEAUTÉ MÉCONNUE

Reine Lemerise a eu un coup de cœur, il y a sept ans, pour ce bungalow des années 60, au fond d’une avenue tranquille, à Pointe-aux-Trembles.
Jamais rénovée mais généreusement baignée de lumière, la maison offrait une vue époustouflante sur les îles de Boucherville, sur la Voie maritime, sur la majesté du fleuve.
Un an plus tard, son frère Jean lui a fait une offre qu’elle ne pouvait pas refuser : transformer le bâtiment en copropriété divise et partager non seulement la vue, grandiose, mais aussi les frais d’architecte, de réfection du mur de soutènement et autres rénos appréciables. 
Les deux nouveaux Pointeliers – nom donné aux habitants de Pointe-aux-Trembles – se sont attelés à la tâche. 
Au bas du mur de 6 mètres qui retient le terrain, une soixantaine de bernaches du Canada jacassent aimablement sur un bout de plage, la propriété étant légèrement en retrait, dans une petite baie paisible. D’autres oiseaux traversent régulièrement le paysage : gélinotte huppée, échassier en chasse, sterne piquant du bec comme une torpille aérienne. Loulou, la chatte de la maison, les observe attentivement… sans jamais les attraper.
UNE RICHE HISTOIRE 
Plusieurs riverains de la pointe aux Trembles, ainsi nommée par Jacques Cartier lors de son deuxième voyage au Canada, en 1535, ont témoigné à La Presse de leur profond sentiment d’appartenance, certains y résidant depuis quatre générations. On trouve à « PAT » la deuxième paroisse à s’être établie dans l’île de Montréal, en 1674, et la première école publique mixte, ouverte en 1678 par Marguerite Bourgeoys. 
« Les gens méconnaissent l’est de l’île, déplore Reine Lemerise ; ils ignorent ses nombreux parcs sur le fleuve, ses descentes de bateau, son histoire. » — Reine Lemerise
Les soirs de feux d’artifice, un défilé de petits bateaux remontent le courant, pour le redescendre après le spectacle pyrotechnique, longue procession de lumignons rouges retournant à leur marina. Le week-end, c’est la ronde des pique-niqueurs, des pêcheurs et des navigateurs de plaisance. Chaque automne ramène les féeriques bateaux de croisière des Crystal Cruises et Holland America de ce monde. 
VRAQUIERS 
Quotidiennement, des vraquiers mouillent en face de chez les riverains, dans l’attente d’une réparation ou de leur entrée dans la Voie maritime. Ils sont en général discrets sur le plan sonore. « Lorsqu’ils avancent sur la Voie, la nuit, toutes lumières éteintes à l’exception d’un pâle fanal à l’avant et à l’arrière, on sent leur vrombissement », rapporte Mme Lemerise. 
Il arrive occasionnellement qu’un de ces grands bateaux actionne de vieilles pompes et produise ainsi un bruit qui dépasse les 50 décibels chez les riverains. « Ça brise le charme champêtre », commente sobrement Maurice Vanier, secrétaire-trésorier de l’Association des riverains du Vieux Pointe-aux-Trembles, qui compte 39 membres. 
PRÉOCCUPATIONS PÉTROLIÈRES 
La seule véritable ombre au tableau demeure l’industrie pétrolière. « Nous aurions aimé dire non au projet Enbridge, confie Mme Lemerise. Ça va augmenter la circulation de pétroliers sur le fleuve. » 
Le quai de Suncor, à quelques avenues de son terrain et visible de chez elle, a connu un déversement il y a quatre ans. « Il a été immédiatement pompé et éliminé », relate-t-elle. Suncor reçoit par train, et recevra bientôt par l’oléoduc d’Enbridge (en 2015), du pétrole de schiste, qu’elle achemine à sa raffinerie, au nord de la rue Sherbrooke. Elle reçoit aussi du pétrole brut conventionnel, par le pipeline Portland-Montréal. De plus, Suncor exporte, par bateau, des produits raffinés. Sur le quai voisin, à Montréal-Est, Valero Energy reçoit par pipeline, de Lévis, des produits raffinés qu’elle redistribue aux détaillants d’essence. Lorsqu’elle recevra le pétrole de l’Ouest par l’oléoduc d’Enbridge, Valero l’acheminera par bateau à sa raffinerie de Lévis. 
« Une raffinerie comme Suncor souscrit à des protocoles de sécurité stricts [normes ISO], explique Maurice Vanier. Si les pipeliniers comme Enbridge ou Oléoduc Énergie Est [de TransCanada] en faisaient autant, en adoptant une gestion responsable telle que décrite par l’Association canadienne de la chimie, une bonne partie de nos inquiétudes disparaîtrait ! » 
« Nous voulons protéger notre caractère champêtre, reprend M. Vanier. Notre défi consiste à pousser l’industrie du pétrole (40 % de notre force économique locale) à utiliser des technologies propres, à adopter ce qu’on appelle “l’écologie industrielle”. »
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