L'ARVPAT a expliqué mercredi soir 19 avril, aux dirigeants de la STM venus rencontrer les résidents de RDP-PAT, pourquoi le projet de voie réservée sur la rue Notre-Dame va à l'encontre, autant de la sécurité des cyclistes et des piétons que du plan directeur de revitalisation du Vieux-Pointe-aux-Trembles -

LES DESSOUS DE L'AFFAIRE DU CHÈQUE DE SUNCOR POUR LE MARCHÉ PUBLIC DU VILLAGE/PAT

Note du rédacteur- Voici compilés, les contenus de 5 publications lors des "courriels du vendredi" transmis aux membres entre le 9 janvier et le 13 février 2015-
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(Partie 1 - 9 janvier 2015)

Mise en contexte
Le vendredi 28 novembre, les médias montréalais avaient fait grand état que le maire Denis Coderre avait exigé du conseil d’arrondissement RDP-PAT qu’il retourne à la pétrolière Suncor un don-chèque de 25,000$ que celle-ci avait offert pour le Marché public de P.A.T. puisque celui-ci ne pouvait pas émettre un reçu autorisé pour déduction fiscale. Estimant cette pratique « pas acceptable », le maire, selon La Presse le lendemain, après avoir affirmé «qu’une entreprise a le droit de contribuer à des organismes dans une communauté, [a ajouté] ne pas être dupe quant à l’objectif visé par l’entreprise ». «Avec les dossiers des oléoducs et quand on voit les fuites sur le plan des relations publiques, je n’ai pas une poignée dans le dos ».

Commentaire éthique assez surprenant de la part de l’ ex-ministre fédéral du temps des scandaleuses commandites libérales, d’autant plus que l’effet collatéral de cette dénonciation a été de susciter une deuxième manchette dans les médias, à savoir l’existence d’une relation matrimoniale entre la présidente du marché public et la mairesse de l’arrondissement RDP-PAT et membre du comité exécutif de la Ville.

Ainsi rapportait Radio-Canada, toujours le 28 novembre 2014 - Le maire d'arrondissement de Rosemont-La-Petite-Patrie questionne le sens éthique de Chantal Rouleau - « Si la championne de l'éthique accepte un chèque d'une entreprise privée comme Suncor, la population sera en droit de se poser la question à savoir si tous les élus sont dans le même bateau, accuse François William Croteau. Ça augmente le cynisme de la population. Faut toujours être prudent lorsque nous sommes élus. », ajoute-t-il. François William Croteau critique également sa décision d'aider un organisme présidé par sa conjointe. « Je me questionne sur le jugement de la mairesse. Je considère qu'il y a un grave problème d'éthique et de conflit d'intérêt. »

Pour sa part, Madame Rouleau s’est défendue en disant qu’elle avait reçu le 28 février 2013, une opinion positive du conseiller à l’éthique de la ville de Montréal. Or, huit mois plus tard, le 16 octobre plus précisément, la mairesse Rouleau fait l’objet d’une plainte en déontologie au ministère des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire, pour une autre affaire, mais en vertu de la même éthique et déontologie.

Voici qu’on apprend que pour contrecarrer l’accueil de cette plainte par la Commission municipale qui avait cédulé une audience le 17 novembre 2014, la mairesse a déposé le 11 novembre en Cour supérieure, une requête attaquant la constitutionnalité, non pas d’un (1) mais de six (6) articles de cette Loi sur l’éthique et la déontologie municipale dont elle avait pourtant salué l’adoption la même année que sa première élection (6 juin 2010). La Ville a déjà procédé à une réserve de 40 000$ pour les frais juridiques qui vont suivre, et inévitablement augmenter, dans ce qui pourrait s’apparenter à un stratagème pour gagner du temps sur la forme au risque de perdre la cause au fond.

Sous le couvert de l’ÉTHIQUE, pour nous contribuables qui recevrons bientôt le compte 2015 des taxes municipales basées sur des évaluations municipales d’un marché immobilier artificiellement surévalué entre 20 et 30%, cette somme s’ajoute à la perte du don de 25 000$ de Suncor. Dans ce cas, pour la protéger, dans l’autre précédant, pour s’en défendre en contre-attaquant. Ces manœuvres me font « tiquer », car, en dessous de l’affaire du chèque retourné, se camouflent au moins deux (2) enjeux de société pointelière, que j’entends exposer dans mes prochains courriels du vendredi.

-Le premier concernera la pétrolière Suncor. Est-ce Satan et ses pompes auxquels il nous faut renoncer, ou les cadeaux de Santa Claus qu’on peut accepter ? Ou ni l’un ni l’autre ?
-Le deuxième traitera du marché public à la Place-du-Village-de-la-Pointe-aux-Trembles. Une fausse bonne idée qui a mis sur le marché, un O.P.M. (organisme politiquement modifié).

(Partie 2 - 16 janvier 2015)
L’effet pervers pour nous, de la taloche du maire Coderre à Suncor – Les préoccupations stratégiques du maire de Montréal
J’ai écrit la semaine dernière, que c’était un « commentaire éthique assez surprenant de la part de l’ ex-ministre fédéral du temps des scandaleuses commandites libérales, d’autant plus que l’effet collatéral de cette dénonciation a été de susciter une deuxième manchette dans les médias, à savoir l’existence d’une relation matrimoniale entre la présidente du marché public et la mairesse de l’arrondissement RDP-PAT et membre du comité exécutif de la Ville ».

Cette semaine, j’explore l’enjeu véritable pour nous pointeliers, qui se camoufle dans l’effet-clip du maire de Montréal scandalisé par le rôle facilitateur de sa mairesse à RDP-PAT envers la pétrolière-contributrice au financement du marché public, parce que celle-ci l’aurait fait par intérêt stratégique pour elle-même.

Pour un, je crois plutôt que c’est pour des préoccupations stratégiques pour lui-même et son administration, que le maire Denis Coderre n’a pas voulu se baigner dans la même huile que notre conseil d’arrondissement.

Primo : le bras droit politique et administratif du maire qui préside son comité exécutif, est M. Pierre Desrochers. Dans son ancienne vie professionnelle, celui-ci était un dirigeant de haut niveau chez la pétrolière Esso et qui a d’ailleurs collaboré de magnifique façon à l’établissement de notre voisin, la Villa Trois Étoiles, une coopérative d’habitation fondée par les retraités d’Esso. Or, depuis le début de son mandat, le maire a pris ses distances face au lobbying pétrolier qui comptait utiliser cet atout « genre compréhensif », notamment dans les dossiers de l’inversion du flux de la ligne 9-B d’Enbridge et de l’implantation d’Énergie-Est. Récemment, M. Coderre, qui est aussi président de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), a fait retarder jusqu’en avril 2015, l’autorisation de l’Office National de l’Énergie à Enbridge, pour débuter des opérations de sa tuyauterie modifiée qui alimentera notre raffinerie d’une plus grande quantité de pétrole de l’Ouest que celle reçue par train depuis 2013.
Deuzio : les sondages sur l’acceptabilité sociale des Montréalais sur tout ce qui concerne l’industrie pétrolière obtiennent très rarement la note de 6/10. En preuve, un sondage CROP mené en ligne pour la revue L’Actualité entre le 10 et le 15 décembre 2014 auprès de 1 000 répondants représentatifs de la population (marge d’erreur affirmée « ne s’applique pas »),indique qu’à Montréal, 51% [1 sur 2] sont contre le projet de l’oléoduc Énergie Est. Lorsque la Fédération des chambres de commerce du Québec a mené en 2012-2013 son propre sondage sur l’acceptabilité sociale de l’inversion du flux de l’oléoduc Enbridge, en fouillant un peu plus loin que les résultats favorables affichés, la portion des répondants Montréalais en faveur et résidant dans l’Est de l’île, était beaucoup plus faible que dans le Montréal métropolitain. C’est tout dire. Notre maire décrit comme populiste par ses opposants connaît très bien cette tendance lourde dans l’opinion publique. C’est tout comprendre l’opportunité de sa démarche. Entre nous, il aurait pu faire exécuter la même chose de façon plus discrète, sans humilier publiquement les élus municipaux d’ici, tous membres de son parti, et la compagnie Suncor.
Tertio : dans son empressement à déchirer en public sa chemise d’incorruptible pour lui éviter l’apparition d’une tache d’huile, le maire a peut-être sous-estimé la portée de son geste, puisque l’opposition s’est aussitôt empressée d’informer les journalistes de l’apparence de conflit d’intérêt de la mairesse Rouleau puisque la présidente du marché public à qui était destiné le chèque de 25 000$, est sa conjointe. Pour un, je suis plutôt porté à croire que notre maire, ayant reçu d’autres informations sur la problématique du marché public de P.A.T., il a opté pour la fuite en avant, sensationnellement, sur le dos de Suncor.

(Partie 3 – 30 janvier 2015)
L’effet pervers pour nous, de la taloche du maire Coderre à Suncor (suite)
J’ai écrit dans la partie précédente, que le maire Denis Coderre pouvait lui-même avoir plusieurs préoccupations politico- stratégiques sous-tendant son geste d’éclat très médiatisé et qui a obligé notre conseil d’arrondissement à retourner à la Fondation Suncor son chèque de 25 000$ émis en soutien au Marché public de P.A.T. J’aborde maintenant les dommages collatéraux de cette taloche publique à Suncor, dont nous faisons les frais.

Préalablement, je tiens à préciser deux choses. 1- Avec mes collègues citoyens - membres du comité de liaison avec la communauté de la raffinerie, nous n’avons jamais été consultés par sa direction, pour lui fournir une quelconque opinion sur ses dons, commandites, contributions, etc. Cela ne figure pas dans les attributions de ce comité. L’affaire du don de 25 000$ au Marché public de P.A.T. a constitué une surprise pour nous aussi. 2- Pour rédiger ce qui va suivre, je me suis adressé à la direction de la raffinerie pour connaître les montants $ exacts qu’elle distribue dans notre collectivité. On m’a répondu que ce n’était pas dans les politiques actuelles de la compagnie de le faire savoir. Ok. Je commenterai cette discrétion plus loin.

Le maire de Montréal a décidé que ce n’était pas un don, une action de bienfaisance puisque relevant d’une fondation et méritant une déduction fiscale, mais plutôt une douteuse stratégie de marketing de Suncor, qu’il s’est empressé d’amalgamer avec la fuite dans les médias, du plan stratégique en relations publiques de la pétrolière TransCanada pour son projet Énergie Est. « Je n’ai pas de poignée dans le dos » a-t-il déclaré. Fallait-il pour autant empoigner les valises pour lesquelles il nous prend, dans sa dérive vertueuse post-commandites libérales, et nous embarquer avec lui, perceptif sans discernement, dans le même train de l’indignation des écologistes ?

Le soir même de l’effervescence médiatique sur l’essence décriée de ce chèque, le 28 novembre, j’étais parmi la bonne centaine d’invités de Suncor au cocktail dînatoire qu’elle offrait au Club de golf de Montréal, en hommage aux dirigeants bénévoles des organismes communautaires et humanitaires de Pointe-aux-Trembles- Montréal-Est auxquels elle apporte son soutien financier. Étions-nous pour autant les marionnettes d’une arnaque v.i.p. pétrolière ? Aurions-nous dû refuser cette invitation et téléphoner à Dr. Martin Matte pour un « beau malaise » ? Ou à Alain Gravel pour une nouvelle enquête sur la corruption par vins et fromages à odeur et saveur de diesel ? Toujours est-il que nous n’avons pas encore vu, publiées, les photos prises lors de cette soirée et sur lesquelles n’apparaîtront pas nos élus municipaux montréalais, tous diplomatiquement absents, alors que ceux de Montréal-Est étaient là. Une nouvelle discrétion corporative, résultant de l’effet Coderre ?

Il n’a pas que nos organismes communautaires de toute nature ainsi que nos mouvements humanitaires qui bénéficient de dons par chèques ou par cartes de crédit pré-autorisées Petro-Canada. Les grands évènements-rassembleurs sportifs, culturels, socioéconomiques etc. d’ici, comptent sur les commandites Suncor et d’autres grandes entreprises pétrochimiques associées, pour se réaliser annuellement sans déficit et persévérer. Les campagnes annuelles de financement pour Centraide du Grand Montréal et ses 360 œuvres, ne rejoindraient pas leurs objectifs si les employés de notre raffinerie ne s’investissaient eux-mêmes dans les déductions à la source de leurs chèques de paie, et leurs souscriptions à des activités-bénéfices organisées par leurs pairs.

Des cadres et des employés oeuvrent tôt le matin dans Les Petits Déjeuners d’Action-Secours offerts dans nos écoles en milieu défavorisé et collaborent à leur financement via la nouvelle Fondation des gens d’affaires et des industries de la Pointe-de-l’île. La soirée de l’Halloween chez nous ne serait pas renommée pour sa sécurité, s’ils ne s’y déployaient pas. Et j’en passe. Mais au passage, je souligne l’assourdissant silence des dirigeants de cette fondation qui ne se sont pas pointés post-27-28-29 novembre pour défendre la réputation de Suncor. Maudit Beau malaise hein ?

Il est clair, et cela a été confirmé en privé, qu’avec l’affaire de ce chèque boomerang, Suncor (raffinerie et Fondation) va y penser à multiples fois avant de s’investir dans des projets en partenariat avec la Ville, donc NOUS, ses contributeurs et contribuables, qui risquons d’ être pénalisés. Cela va carrément à l’opposé de la position des représentants de l’ARVPAT au comité de liaison avec la communauté, qui ont toujours maintenu que Suncor, dans le nouveau contexte international du développement durable, ne doit pas s’investir que dans les dons et commandites profitables tant à la collectivité qu’à sa corporation, mais aussi dans le legs à effet « durable » dans le temps et l’espace de notre milieu urbain assez particulier, au boutte de tout’e.

Un cas de figure – celui du projet de notre Maison des soins palliatifs dans l’est-extrême (qui est dépourvu de cette ressource indispensable pour mourir dans la dignité), qui planche depuis 5 ans, malgré que la Fondation des gens d’affaires et des industries de la Pointe y consacre exclusivement les revenus issus de l’organisation-bénéfice de sa soirée annuelle des huitres. L’implication récente de Suncor s’annonçait déjà complexe dans ce dossier qui se buterait, me confient mes sources généralement bien informées, à l’entêtement de la mairesse Chantal Rouleau pour ne pas favoriser la construction de l’édifice dans une partie d’espace vert municipal connexe au CLSC PAT-ME, parce que riverain du fleuve St-Laurent. Comment espérer un dénouement, à tout le moins par voie persuasive « d’influences », quand un des joueurs importants pressentis, se fait ainsi insulter par le premier magistrat de Montréal ?

Suncor vient d’annoncer une révision organisationnelle pancanadienne dans le contexte que l’on connait, avec notamment des suppressions d’emplois (1 000). On ne connaît pas encore l’impact local appréhendé, mais je me souviens très bien des larmes de certains élus crocodiles défilant en procession funèbre le dimanche 28 mars 2010 derrière la bannière « Sauvons la raffinerie Shell ». Ils venaient soudainement de réaliser que dans le relation trouble chaud-froid entretenue par la population avec l’industrie pétrolière et gazière, leurs anciennes déclarations fracassantes et sans discernement, en appui aux exagérations d’écologistes radicaux du Plateau et du chef syndical politisé NPD, puis BQ, avaient aussi contribué à l’insensibilisation de tous les niveaux hiérarchiques de « Shell qu’on n’aime plus » .

Évitant les extrêmes entre « victimes du syndrome de Stockholm » ou « lèche-culs industriels, et « opposants fondamentalistes radicaux à tout ce qui ne constitue pas l’énergie renouvelable », nous devons assumer une posture locale très complexe, parce que nous sommes icitte, des parties prenantes obligées de notre passé/passif environnemental, de notre avenir/développement durable et renouvelable et…de notre présent/hybride constamment en mutation. Au lieu de jouer la vierge offensée vs Suncor, l’administration municipale Coderre-Desrochers devrait corriger immédiatement l’erreur Tremblay-Zampino & successeurs, d’avoir nié l’existence d’une 7e grappe industrielle spécifique dans l’Est, celle d’une technopole de la chimie et de l’énergie.

(Partie 4 - 6 février 2015)
Un deuxième enjeu de société pointelière camouflé dans l’affaire du chèque : la fausse bonne idée du Marché public -
La petite histoire d’un organisme politiquement modifié (OPM)
Durant les années 1998 - 2002, directeur général du centre communautaire Roussin que j’avais fondé en 1983, j’étais aussi co-engagé dans un vaste processus de revitalisation du Vieux-Pointe-aux-Trembles, initié et soutenu par l’administration du maire Pierre Bourque. Parmi les outils-leviers, figurait un projet-pilote de « marché public », opéré sur le terrain de Roussin, en collaboration spéciale avec la Corporation de gestion des marchés publics de Montréal, l’Association pour le boum commercial du Vieux Pointe-aux-Trembles (ABCVPAT),la Société de développement économique et communautaire (SODEC) de RDP-PAT et le Bureau du développement de l’Est. On y a mis le paquet, faut le dire et le souligner à gros traits, chacune des formules de remplacement pour s’ajuster à chaque constat de demi-échec, nous commandait un investissement toujours plus ardu de nos ressources humaines et financières. Quatre (4) ans après le lancement de cette initiative estivale, le seul et dernier commerçant en fruits et légumes qui avait survécu, lâcha prise. Fort de son expérience acquise, il se relocalisa aussitôt au Marché public Maisonneuve. Affaiblis et déçus de notre expertise apprise, nous mettons fin à ce projet-pilote d’implantation d’un marché public dans le Vieux-PAT, assurément une fausse bonne idée pour faire lever sa revitalisation.

En 2007-2008, voici que le nouveau résident arrivé de HO-MA, Mario Blanchet, bien pourvu en contacts syndicaux et politiques, entreprend progressivement son lancement en politique municipale en initiant une pétition réclamant l’implication municipale dans l’aménagement, devinez quoi,…d’un marché public dans le Vieux Pointe-aux-Trembles. Ce, malgré les mises en garde, publiques de l’ARVPAT, privées de la SODEC, instruites de l’expérience précédente. C’est la Corporation de développement communautaire de la Pointe (CDC) et l’organisatrice communautaire du CLSC qui vont prendre ce ballon au vol, et l’intégrer, non plus dans une stratégie de revitalisation du V-PAT, mais dans une démarche de sécurisation alimentaire en fruits et légumes frais pour les défavorisés de P.A.T. Une autre bonne idée, qui va également s’avérer aussi fausse que la première, mais cette fois-ci sera récupérée par le pouvoir politique municipal. Voyons comment.

Une assistance financière triennale de 120 000$ étant donc accordée à la CDC pour ce faire, par l’Agence de la santé et des services sociaux de Montréal, un comité de pilotage est constitué, intégrant notamment le citoyen Blanchet, futur candidat de Vision Montréal. Électoralement renforci par cet acquis, il est élu conseiller d’arrondissement en novembre 2009, suivi en juin 2010 de Chantal Rouleau, élue à la mairie (élection partielle), puis désigné administrateur-représentant municipal à la SODEC RDP-PAT. Tous les fils sont désormais attachés.

Bien nanti par le financement public de ses recherches réalisées par des consultants, ainsi que d’un sondage de 300 répondants pointeliers, le comité publie son rapport en mai 2011. À noter que ledit rapport n’a pas du tout analysé les causes de l’échec du précédent marché public et ne fait aucunement mention dans ses références bibliographiques et principaux partenaires stratégiques, de la Corporation de gestion des marchés publics de Montréal. POURQUOI PENSEZ-VOUS ?

Voici ses quatre (4) recommandations :
« L’arrivée d’un marché public saisonnier est attendue avec enthousiasme par les citoyens. Compte tenu des habitudes de consommation des résidents de Pointe-aux-Trembles, la localisation du futur marché sera un facteur déterminant de son succès

1-Situé près d’un pôle commercial, le futur marché public devra offrir une bonne visibilité et se doter d’une signalisation adéquate. Il doit être accessible en automobile et en transport en commun et offrir suffisamment d’espaces de stationnement. Selon le sondage, le secteur centre (boulevard De La Rousselière et ses alentours), semble être un lieu rassembleur et offrir une bonne alternative pour les résidents de l’est et l’ouest du quartier.
2-Les gestionnaires du marché devront s’assurer de la qualité et de la fraîcheur des produits et on devra retrouver une offre alimentaire élargie (fruiterie, boulangerie, pâtisserie, fromagerie, boucherie).
3-Il faudra tenir compte des habitudes de consommation locales (fréquentation maximale de 2,5 commerces par semaine et tendance à privilégier un lieu qui regroupe plusieurs types de produits) afin d’assurer le succès d’un futur marché public saisonnier.
4-Enfin, l’ambiance du marché public devra être festive, avec des animations, des dégustations et diverses activités thématiques s’adressant à la population. »

NOTE – À la lecture, on est rendu pas mal plus loin et autrement que l’orientation première, sanitaire et sociale, d’implanter un marché public pour favoriser l’accès aux fruits et légumes frais à des populations défavorisées et éloignées dans le quartier. Heureusement pour ces populations-cibles, une initiative spécifique verra le jour plus tard, l’opération Bonne boîte-Bonne bouffe.

Toujours est-il que bien branché politiquement sur le nouveau conseil d’arrondissement, le comité de pilotage s’est assuré dès juin 2010, que celui-ci sera le nouveau porteur de ballon à l’été 2011. Effectivement, un organisme à but non lucratif est officialisé en juin 2011, dont le président est le chef de cabinet d’alors de la mairesse (l’adresse du siège social de la Corporation des marchés publics de RDP et PAT est celle de son bureau, 7380 boul. Maurice-Duplessis). Supporté financièrement principalement par l’arrondissement et la SODEC RDP-PAT-ME, le Marché du Bout-de-l’île débute ses opérations estivales le 20 août 2011 au parc St-Jean-Baptiste, géré bénévolement par l’un des coorganisateurs de la campagne électorale de madame Rouleau et le conseiller Blanchet. On reprend au même endroit, pour une 2e année à l’été 2012, toujours avec le soutien financier direct et indirect (logistique) de l’arrondissement, et les revenus des commandites et des locations d’emplacements.

L’année 2013 marque un premier tournant en cette 3e année d’exploitation : nouveaux administrateurs au c.a. (dont la conjointe de la mairesse…) et nouvelle gestion dans un nouvel emplacement, soit le stationnement du centre Roussin, ainsi que des initiatives à l’automne et au printemps. Les résultats « gonflés » des achalandages précédents au parc Saint-Jean-Baptiste sont-ils plus crédibles à cet endroit, compte tenu des facilités de stationnement et d’une fréquentation favorisée par la clientèle des locations samedi-dimanche au centre communautaire?

Mon examen de l’immatriculation 1167461194 de cette corporation (privée à but non lucratif - et non paramunicipale-) chez le Registraire des entreprises du Québec révélera, en 5e partie, sa symbiose étroite avec le pouvoir politique municipal, sans nécessairement discréditer pour autant, les talents personnels et l’engagement civique de ses administrateurs.

(Partie 5 - 13 février 2015)
Un deuxième enjeu de société pointelière camouflé dans l’affaire du chèque : la fausse bonne idée du Marché public - Conclusion -
Précédemment, j’ai exposé en 4e partie de cette chronique la petite histoire du Marché public entre 1998 et 2013, une aussi bonne idée que la tarte aux pommes que tout le monde déclare désirer manger, mais une idée qui s’est avérée fausse à la longue, parce qu’il n’y a jamais eu assez de monde à Pointe-aux-Trembles pour la supporter et lui assurer sa rentabilité, à moyen et long terme, sans l’intervention politique, financière et logistique de l’administration Rouleau depuis 2010. Pour ce faire, elle a créé une corporation sans but lucratif (1167461194-Registraire des entreprises du QC) mais sans le statut de société paramunicipale. Or, son répondant est le conseiller d’arrondissement du district de Pointe-aux-Trembles, et son bureau loge le siège social du marché. La conjointe de la mairesse préside le conseil d’administration et la secrétaire est une proche parente du conseiller de la ville du district de la Pointe-aux-Prairies.

Le maire Denis Coderre a estimé que c’en était trop que cette « créature politique » reçoive une contribution financière d’une société pétrolière par le biais légal et fiscal du conseil d’arrondissement. Il a pété sa coche, fait rembourser le chèque de 25 000$, humilié publiquement la mairesse, ses co-équipiers du conseil et sa conjointe et entaché par suspicion, les autres administrateurs du marché. Pour camoufler médiatiquement le tout, quoi de mieux que de quasi diffamer Suncor, en lui faisant porter l’odieux d’une manipulation de l’opinion publique par son don corporatif !!!

Voilà pour l’un des deux dessous de l’affaire du chèque boomerang.

L’autre concerne la liaison étroite du marché public avec le pouvoir politique, financier et logistique de l’arrondissement, dont l’apport direct et indirect de nos taxes municipales pourrait se chiffrer à près de 100 000$ en 2014. Nos taxes provinciales ont déjà contribué à hauteur de 120 000$ versés par l’Agence de la santé et des services sociaux de Montréal, supposément pour faciliter l’accès à des fruits et légumes frais, à des populations défavorisées et éloignées des sources de distribution à P.A.T.

Or, la localisation du marché à la nouvelle place publique du Village plutôt qu’au centre du quartier, son stationnement éloigné des acheteurs-pleins-les-bras ainsi que le coût des fruits et légumes dépassant celui de Metro à l’intersection René-Lévesque et St-Jean-Baptiste, sont en contradiction avec les recommandations du rapport. De toute façon celui-ci avait occulté la présence concurrentielle des cinq (5) grandes surfaces commerciales et des kiosques-maraichers de Lanaudière accessibles 7/7 sur nos grandes artères.
Qui plus est, la diminution constante du nombre de producteurs et artisans au milieu de la saison, résultant du très faible achalandage et de l’impossibilité d’opérer par pluie et vents quand ce ne sont pas les guêpes (exemple : boulangerie déplacée près du fleuve), a contribué à la fermeture avant-échéance prévue des opérations, sacrifiant l’accès aux produits récoltés en fin d’été-début automne. Étonnamment, l’hebdo Avenir de l’Est, co-commanditaire et sur foi des affirmations de la présidente du c.a., afficheSUCCÈS, le 30 octobre 2014

Malgré tout, me questionnait un membre de notre association, de tout cœur parmi les supporteurs de l’idée d’un marché public en bordure du St-Laurent, pourrait-on en faire autrement qu’une « fausse bonne idée » ? Je vous relance sa question en tant que contribuables… en cette St-Valentin !

F I N