Le flushgate montréalais dans 5 égouts /25 à Pointo – LE RAPPORT DES EXPERTS

Courriel spécial du samedi 7 novembre

Environnement Canada a rendu public vendredi le rapport des trois experts chargés par l’ex-ministre de l’Environnement, d’examiner les impacts environnementaux du déversement. « On est dans la situation que le système est vieux et qu'il y a des risques de bris, mais les experts n'ont pas été jusqu'à dire qu'il faut faire les travaux », a cependant indiqué Caroline Blais, directrice de la section liée aux eaux usées et à la Loi sur les pêches chez Environnement Canada. Quant à l'impact sur la faune et la flore, « aucune information n'est présentement disponible sur les conséquences de ces déversements sur la faune aquatique. Ceci n'indique pas qu'il n'y a pas d'effets, mais plutôt que le phénomène n'a pas été étudié »,  lit-on  aussi dans le rapport, ce qui en dit long sur la scandaleuse  dormance de nos autorités riveraines du St-Laurent  et de leurs courtisans écolos [exclusivement préoccupés de dénoncer les pipelines pétroliers]  vs le fait que 96% des échantillons prélevés très récemment par Environnement Québec  dans les bassins versants, ont révélé un taux de polluants supérieurs aux normes acceptables, sept fois plus qu’il y a cinq ans (l’Actualité, décembre 2015).

Cinq égouts des vingt-cinq déversoirs en cause  de l’intercepteur sud-est, sont situés en rive à Pointe-aux-Trembles, dont un dans la cour arrière de l’un parmi  nos vice-présidents de l’ARVPAT. Ce n’est pas rien, et nous pourrions certainement demander à nos élus municipaux, si le projet est autorisé par la nouvelle ministre fédérale Catherine McKenna, de nous prévaloir de l’une des recommandations du rapport : http://www.lapresse.ca/actualites/montreal/201511/06/01-4918106-eaux-usees-un-bateau-citerne-pour-attenuer-limpact-du-deversement.php.

Je vous transmets cet éditorial publié ce matin dans le quotidien Le Devoir, qui reflète à mon avis, une préoccupation fondamentale que nous devrions partager, nous, fiers  propriétaires riverains du St-Laurent à la  Pointe- aux/des-Trembles depuis  1535 (Jacques-Cartier) et 1674 (Maisonneuve et Jeanne-Mance).

« EAUX USÉES

Sauver le fleuve

7 novembre 2015 |Josée Boileau | Montréal | LE DEVOIR
Denis Coderre avait eu ce mot juste avant de s’envoler pour la Chine, il y a une semaine : « J’ai confiance en la science, donc on va attendre le rapport. » On constate aujourd’hui que lorsque la transparence s’ajoute à la science, bien des crises peuvent être apaisées.

La crise, c’est le dossier du déversement, pendant quelques jours cet automne, des eaux usées de Montréal dans le Saint-Laurent afin de permettre la construction d’une chute à neige et réaliser des travaux d’égouts. Le maire Coderre est applaudi sur tous les fronts depuis son élection il y a deux ans, mais cette décision-là ne passe pas. Le dernier sondage Léger-Le Devoir-Le Journal de Montréal indique que c’est le seul dossier où les Montréalais, en majorité, s’opposent à leur maire ; celui « qui fait le plus mal à l’administration », selon le sondeur Jean-Marc Léger. Souiller volontairement le fleuve ? La population ne comprend pas.

Mais pour comprendre, encore faut-il savoir. L’affaire a été traitée par la Ville comme un enjeu local, un problème administratif dont on ne parle pas sur la place publique… jusqu’à ce que les journalistes s’en mêlent. Et l’interlocuteur de la Ville était alors le ministère fédéral de l’Environnement sous contrôle conservateur, royaume de l’obscurantisme et des scientifiques muselés. La ministre sortante, Leona Aglukkaq, aurait-elle rendu public le rapport qu’elle avait commandé sur le sujet à trois experts indépendants ? Non. Aurait-elle envoyé des fonctionnaires le présenter aux journalistes ? Surtout pas. Et la méfiance aurait persisté.

Mais l’ère Justin Trudeau vient de débuter, et la parole se libère. La population a donc maintenant accès à un document clair, de 24 pages, qui fait voir le dilemme dans lequel est plongée la Ville : ne pas toucher à de l’équipement vétuste susceptible de causer des déversements accidentels ou programmer soi-même un déversement ? Va donc pour la planification. Mais a-t-on bien prévu les mesures de mitigation ? Non, il est possible de mieux faire, et le rapport d’experts contient toute une série d’observations, tançant même la Ville pour les raisons « sommaires » ou « simplistes »qu’elle invoque pour rejeter certaines mesures.

Surtout, le rapport souligne à gros traits le manque d’informations quant à l’impact du rejet d’eaux usées dans le Saint-Laurent et ses bassins versants — qui se pratique pourtant à la grandeur du Québec. Nous ne savons pas encore ce que la nouvelle ministre libérale de l’Environnement, Catherine McKenna, décidera dans ce cas-ci, mais il est clair que le fleuve manque d’attention et que, cette crise nous le révèle, cette situation n’a plus aucun sens. La Coalition Eau Secours ! réclame un ombudsman de l’eau : c’est une fort bonne idée. Parce qu’on est en 2015. »

 

Flushgate à Pointo : le « facelift » des chefs environnementalistes !

Extrait du courriel du vendredi  expédié aux membres le 30 octobre...


Dans le dossier du projet (suspendu) de déversement de huit milliards de litres d’eaux usées non traités via entre autres  5  égouts pointeliers de l’intercepteur sud-est, deux développements sont survenus cette semaine. Le premier, annoncé,   c’est que ce sera le nouveau titulaire ministériel et libéral d’Environnement Canada qui recevra le rapport des trois experts indépendants, et décidera  par la suite. Le deuxième, très discret lui, c’est le rétropédalage  de nos  leaders  environnementaux qui demandent  maintenant à la Ville des réponses à des  questions fondamentales  qu’ils auraient dû poser dès l’annonce (puisque même pas poliment consultés avant), plutôt que se réserver  un lourd  silence  ou/et d’ émettre des avis  de résignation scientifique. Imaginez  leur comportement si  une installation pétrochimique canadienne aurait voulu faire tout comme ! - Mais voyons donc man ! Les étrons flottants, résolument annoncés,  vs  les  hydrocarbures  fuyants possiblement  appréhendés, c’est pas pareil !!!! - Ci-dessous, la lettre cosignée de nos leaders environnementaux, à l'exception significative de la Fondation Suzuki http://www.davidsuzuki.org/fr/champs-dintervention/oceans-et-eau-douce/projets/le-saint-laurent-notre-fleuve-vivant/le-rejet-des-eaux-usees-non-traitees-dans-le-saint-laurent-contribue-a-la-deteri/

Lettre cosignée déversement eaux usées Mtl - Montréal, le 30 octobre 2015
Madame Chantal Rouleau, Responsable de l’eau et des infrastructures de l’eau au Comité exécutif 
Monsieur Réal Ménard, Responsable du développement durable,de l'environnement, des grands parcs et des espaces verts au Comité exécutif, Ville de Montréal

Objet : Demande d’information sur le projet de déversement d’eaux usées

Madame Rouleau et monsieur Ménard,

À la lumière des données dont nous disposons, notamment celles communiquées par le Service de l’eau à la suite des deux rencontres qui ont eu lieu les 9 et 14 octobre dernier, nous, les organismes signataires de cette lettre, considérons que des informations sont encore manquantes pour nous permettre d’évaluer clairement le projet de déversement, prévu par vos services dans le cadre de travaux dans l’intercepteur sud-est. Nous croyons également que ces informations devraient être rendues publiques rapidement.

Voici donc la liste de nos questionnements :
  • Quelles sont les données qui ont été fournies aux experts mandatés par Environnement Canada pour évaluer le projet
  • De quels documents disposez-vous sur les risques liés aux déficiences des structures (cintres, conduites et autres équipements) incluant les données techniques, descriptifs et niveau d’urgence?  
  • Avez-vous identifié les ouvrages de surverses qui sont exondés ou à risque? Et quelles mesures sont prises pour éviter les rejets dans ces ouvrages?
  • De quels documents disposez-vous sur les impacts sur le milieu en rive (faune et flore) - Mesures de mitigation :
  • Des explications ou justifications peuvent-elles être fournies quant aux délais des travaux?
  •  Le plan de travail détaillé peut-il être fourni ?
  • Est-ce que les travaux pourraient être effectués en moins de 7 jours ? Serait-ce possible en deux ou trois jours avec davantage d’équipes ? Peut-on effectuer les travaux d’entretien en aval en deux ou trois jours également ?
  • Avez-vous demandé aux industries des secteurs visés de faire un effort de rétention de leurs eaux usées durant les travaux ? Si non pourquoi ?
  • Quelles sont les mesures de mitigation qui sont appliquées en Amérique de Nord et en Europe lors de travaux similaires ?
Considérant que l’avenir devra être garant de meilleures pratiques en termes de gestion des eaux usées, nous tenons à vous faire part d’ores et déjà de notre intérêt à collaborer à cet effet, notamment par les différentes tables de concertations. Il nous apparaît toutefois essentiel d’avoir la lecture la plus juste possible du projet actuel, impliquant des déversements totalisant quelque 8 milliards de litres d’eaux usées non traitées dans le fleuve. Sans ces informations, il nous est impossible  de juger pleinement de l’importance, de l’urgence ainsi que des mesures nécessaires et possibles pour les travaux.
Dans l’attente de votre réponse, nous vous prions de recevoir, madame Rouleau et monsieur Ménard, l’expression de nos salutations les meilleures.

Coralie Deny,            CRE-Montréal      
Alexandre Joly,         Accès Fleuve / Comité ZIP Ville-Marie
Catherine Huard,      Fondation Rivières             
Martine Chatelain,    Eau Secours!
Jean Berlin Kemoie,  Sierra Club 
Jérôme Ribesse,         Synergie santé environnement 
Sylvie Bibeau,            Comité ZIP Jacques-Cartier
Marcel Couture les Amis du parc national des Îles-de-Boucherville
Alain Ouimet,            Conseil central du Montréal  métropolitain CSN
Vincent Moreau,       CRE Montérégie

c.c.Madame Chantal Morissette, Service de l’eau, Ville de Montréal
      Monsieur Philippe Morel, Environnement Canada
      Monsieur Marcel Gaucher, MDDELCC
______________________________________________________________